Et maintenant ?

A TOUS LES REPUBLICAINS
18 juin 2008 - (Contribution au Congrès de Reims du PS)
1973 : ANNEE TERRIBLE, BIEN QU'INAPERCUE

A chaque occasion de referendum le peuple exprime son refus du monde invivable qui lui est fait. L'attente est immense, mais aucun parti politique de gouvernement existant ne propose de réponse crédible.

Mon âge m'a permis de vivre au plus près comme témoin l'irruption de la terrible année 1973. Auparavant c'était les Trente Glorieuses dans la continuité, tant bien que mal, du mouvement ancestral de l'humanité vers un monde meilleur. Depuis, c'est la mondialisation libérale. Ponctuée elle-même de dates précises. 1973 : libéralisation des échanges commerciaux. 1979 : libéralisation des mouvements de capitaux. 1983 : Initiative de Défense Stratégique du président Reagan aboutissant en 1989 à l'effondrement de l'URSS et au "Consensus de Washington". Nous en sommes là aujourd'hui - trente-cinq années plus tard ! - au plus grand profit d'une minorité, mais dans une impasse sociale et écologique, totale et sans espoir. Dans ce contexte complexe le libre-échangisme généralisé sur les marchés internationaux est sans conteste le facteur le plus ravageur qui, en déchaînant les forces irrésistibles de la concurrence, produit mécaniquement chômage de masse ainsi qu'appauvrissement de l'Etat et des collectivités publiques interdisant toute action collective significative et détruisant les systèmes de solidarité et de service public. Le capital a ainsi triomphé du travail et de la démocratie ! L'avenir est bouché.
Pourtant les pays d'Europe rassemblés, disons ceux de la zone Euro (oeuvre de Jacques Delors), pourraient s'ils le voulaient (on voit qu'à l'évidence leurs peuples le veulent !) se protéger du libre-échangisme déloyal en rétablissant une préférence communautaire (abandonnée après l'adhésion de la Grande-Bretagne en 1973 !) permettant de retrouver plein emploi, croissance et prospérité publique. D'où l'importance primordiale des prochaines échéances électorales pour réorienter enfin la construction européenne.

Nous vivons une période sans précédent historique qui impose d'innover. En économie "ouverte", comme nous le sommes devenus, le clivage ancestral droite-gauche n'est plus pertinent et épuise en vain les forces sociales. Le vrai clivage est de plus en plus entre les gagnants, qui sont ultraminoritaires, et les perdants de la mondialisation. Je n'ai jamais été gaulliste ni de droite. Le tocsin est sonné. Face à l'adversité on peut penser que toutes les forces sociales ne sont pas de trop et devraient se rassembler. Alors que l'appel du 18 juin du Général de Gaulle vient d'être célébré, la question pourrait être posée à la gauche de se rapprocher de certains républicains de progrès*.

Par ailleurs la nécessité et l'urgence de mettre en oeuvre sur notre petite planète un nouveau mode de développement avaient déjà été reconnues en 1971 par le Club de Rome. Les réactions politiques furent, comme il convenait, massives et immédiates : en 1972 les Etats-Unis créèrent auprès du Congrès l'Office of Technology Assessment, outil d'évaluation globale des effets de la technologie en vue d'une maîtrise collective de cette dernière, et une Confèrence des Nations-Unies adopta à Stockholm une Charte de l'Environnement en 26 points. Ces bonnes dispositions, capitales pour l'avenir du genre humain, furent, hélas, brutalement reléguées au second plan, c'est-à-dire aux oubliettes, par la Grande rupture - en cachette - de 1973 (LA TRANSFORMATION DU MONDE EN ZONE UNIQUE DE LIBRE-ECHANGE)**. En instituant un état de guerre économique totale !

La ressource technologique, celle des applications de la science et de la connaissance, constitue pourtant une réserve de progrès inépuisable. Cette ressource*** pourrait être exploitée pleinement dans tous ses avantages du fait de la volonté collective pour, écologiquement et dans la durée, rendre solvables et satisfaire les immenses besoins considérés comme essentiels et éradiquer (pourquoi pas ?) la pauvreté. A condition que la volonté collective retrouve les moyens financiers de s'exercer.
Par le passé les hommes ont su et pu atteindre la Lune (et en revenir vivants !). Aujourd'hui, où l'humanité a même réussi sans le vouloir à changer le climat, une fantastique ère nouvelle est pourtant à côté de nous ! Pour l'atteindre allons au bout**** de l'Europe ! Le chemin est long, mais il n'y en a pas d'autres. Le débat doit être engagé.

* voir l'appel du 60ème anniversaire du Programme du CNR
** que l'OMC a depuis 1995 comme mission de parachever
*** voir ici
**** voir "La Maison Europe, superpuissance du XXIème siécle" par Lester Thurow - Calmann-Lévy 1994

Les participants

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